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des Théâtres de la Foire et de la Comédie-Italienne

Centre rattaché au laboratoire L’AMO (EA 4276) de l’Université de Nantes.

Les théâtres de la Foire ?


Avant la Révolution française existent à Paris trois scènes officielles : la Comédie-Française (fondée en 1680), la Comédie-Italienne et l’Académie Royale de Musique.
En marge, les théâtres de la Foire attirent tout Paris de la fin du XVIIe à la fin du XVIIIe siècle. Les spectacles ont lieu pendant de grands rassemblements commerciaux, la Foire Saint-Germain en hiver et la Foire Saint-Laurent en été. Lors de chacune de ces foires, qui dure deux à trois mois, plusieurs théâtres – souvent trois ou quatre – présentent leurs spectacles aux formes diverses.


En proie aux attaques continuelles des théâtres officiels, les théâtres de la Foire se développent malgré les procès, en faisant preuve d’une prodigieuse inventivité. Quand la Comédie-Française, jalouse du succès des forains, leur interdit le dialogue, ils donnent des pièces en monologues. N’ont-ils plus le droit à la parole ? ils chantent. L’Académie Royale de Musique les en empêche en faisant valoir son privilège ; ils imaginent alors de faire chanter le public sur des airs connus en montrant les nouvelles paroles sur des écriteaux, à moins qu’ils n’acceptent de payer une redevance à l’Opéra, et créent ainsi l’Opéra-Comique. Va-t-on jusqu’à interdire les acteurs ? Ils développent les spectacles de marionnettes…

Et la Comédie-Italienne ?


Venus d’Italie et installés en France depuis le XVIe siècle, des comédiens italiens ont conquis le public parisien avec leurs masques, leurs types (Arlequin, Mezzetin, Scaramouche, Polichinelle, Pantalon…) et leurs scenarii de commedia dell’arte. Louis XIV les institue « Comédiens ordinaires du roi ». Peu à peu on mélange des scènes en français aux canevas en italien. Mais, en 1697, le roi ferme leur théâtre, leurs spectacles étant jugés trop irrévérencieux. Cette fermeture favorise l’essor des théâtres forains. Il faut attendre la mort de Louis XIV pour que la Comédie-Italienne soit rouverte en 1716 par le Régent, qui fait venir d’Italie la troupe de Luigi Riccoboni dit Lelio. On parle alors de « nouveau Théâtre Italien ». La langue italienne est vite abandonnée. C’est pour ce théâtre que Marivaux écrit vingt et une de ses pièces (dont Arlequin poli par l’amour, La Double Inconstance, Le Jeu de l’amour et du hasard).

La Comédie-Italienne voit les théâtres de la Foire comme des concurrents, et s’installe même à la Foire Saint-Laurent de 1721 à 1723, espérant attirer leur public. Cette concurrence prendra fin lorsque le théâtre le plus célèbre de la Foire, l’Opéra-Comique, sera réuni à la Comédie-Italienne en 1762.

À l’origine...


Le Centre a été créé en 1999 par Françoise Rubellin, professeur à l’université de Nantes, à la suite du colloque international « Les théâtres de la Foire 1678-1762 », avec le soutien de deux grands spécialistes, l’anglais Barry Russell (créateur du site foires.net) et le canadien David Trott, aujourd’hui décédés. Le projet, à l’origine, était de créer un lien durable entre des chercheurs dispersés géographiquement, et de favoriser une approche interdisciplinaire du domaine, conciliant théâtre, musique et danse : les pièces foraines sont davantage des livrets de spectacle que de simples objets textuels littéraires.


Aujourd’hui, le Centre étend ses recherches et ses publications au répertoire de la Comédie-Italienne, avec pour priorité d’éditer les pièces manuscrites ou qui n’ont jamais été rééditées, et de restituer leur dimension musicale.

Objectifs et activités du centre :

  • Il travaille à la publication de nombreuses pièces encore manuscrites des théâtres de la Foire et de la Comédie-Italienne, sous la forme d’éditions séparées ou de recueils.
  • Il conduit actuellement un programme de recherche sur les parodies d’opéra, soutenu par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), la Région Pays de la Loire et la Maison des Sciences de l’Homme Ange-Guépin
  • Il forme de nombreux étudiants à la recherche lors de leur mémoire ou de leur thèse, et met à leur disposition un nombre important de microfilms de pièces inédites, ainsi qu’un fonds documentaire spécialisé.
  • Les membres du centre (doctorants et étudiants de Master 2 inclus) publient des articles, donnent des communications dans des colloques français et internationaux.
  • Il collabore activement avec les chercheurs spécialistes des théâtres de la Foire et de la Comédie-Italienne en France et à l’étranger (Italie, Royaume-Uni, Canada, États-Unis, etc.).
  • Il travaille en partenariat avec plusieurs structures culturelles dédiées à la musique et au théâtre à Nantes et dans la Région Pays de la Loire (Angers Nantes Opéra, Le Grand T, La Folle Journée du CRÉA) ainsi qu’avec des ensembles (Simphonie du Marais d’Hugo Reyne) et avec des troupes (L’Éternel Éphémère de Thierry Pillon, Bel Viaggio de Chantal David). Il développe avec eux des actions de communication, de création ou de valorisation de la recherche.
  • Il organise depuis plus de dix ans un séminaire mensuel, des journées d’étude et des colloques.